16/03/2008

Matéria

Matière

«Tous les tableaux montrés ici sont symétriques. Leur couleur est monochrome. Leur forme est monotone. Le traitement de la surface est subjectif et complète l’objectivité des formes.
La peau sensuelle, la matière du graphite, sont soutenues par une géométrie aussi simple qu’une colonne vertébrale. Le relief est obtenu par un collage sur toile. La lumière, s’accrochant, introduit le jeu du hasard.
Il y a quinze ans, j’aurais volontiers expliqué le sens de mon œuvre, sa fonction, son but. Je savais exactement ce que je faisais et pourquoi.
Elevé dans l’esprit du Bauhaus, je croyais que l’art devait améliorer la qualité de la vie, des meubles et des immeubles. Je voyais l’art comme un moyen de reformer la société. Aujourd’hui, j’ai radicalement tourné le dos à l’idéalisme qui a dominé une partie de ma vie. Je produis une réalité visuelle dont l’image se révèle par rapport au paysage culturel dans lequel je suis inscrit.
Le sens vient autant par ce que je montre que par ce que je refuse. L’art ne peut pas être le domestique d’une morale sans mettre en question la recherche de l’inconnu. Le langage muet et matérialiste de ma peinture est avant tout un électrocardiogramme de mon existence.»
1975.
Gottfried Honegger, Homo Scriptor, Les Presses du réel, 2004, p. 20.
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